À CŒUR OUVERT

À 10 ans, la question terrible...
"Je vois et j'entends encore mon père me dire : voilà il y a un professeur du conservatoire qui t'a entendu dans une audition et qui nous a dit : votre fils est doué, il faudrait l'amener".

Sur le Conservatoire...
"Mon passage au Conservatoire, alors que j'étais tout jeune, a été un événement marquant dans un sens négatif. J'ai souffert de cette période. Nous étions en pleine adolescence, décramponnés d'un parcours normal : plus de lycée, plus d'amis, plus de vacances et puis nous étions plongés dans un univers où l'on sent que les dents sont aiguisées et que les professeurs se disputent parce qu'ils voudraient avoir les meilleurs élèves. Aucune ambiance particulière pour générer des amitiés. J'ai été ravi d'en sortir avec le sentiment de ne pas avoir appris grand chose ! J'ai été mis sur un piédestal alors que je jouais en culottes courtes, j'étais si jeune... J'ai éprouvé une grande solitude en sortant de cette école : que vais-je faire ? Mes parents ont dû faire le sacrifice de me payer des cours privés. J'ai traversé cette période sans réels dégâts grâce à une certaine force et à la lucidité de mes parents.

Comment réussir à se trouver dans de telles circonstances ?
J'ai eu deux chances. D'abord celle de ne jamais avoir d'ambition démesurée pour ce métier même si c'était la culture de la famille. Je ne rêvais pas de projecteurs... La seconde : j'ai eu un grand appétit pour une vie familiale équilibrée et épanouie au point qu'à certains moments je n'acceptais pas de partir longtemps en voyage. Finalement, je n'avais que peu d'ambition mais j'ai su saisir de petites chances. Ma vie professionnelle est heureuse car elle n'est pas au premier plan. Je ne suis pas le sujet de soubresauts médiatiques, j'ai la vie que j'ai envie d'avoir. La musique doit rester un plaisir, un partage, et non une course aux bravos.

Sur la musique...

La musique française est très chère à mon cœur parce que c'est la musique de mes racines, de mes paysages, j'aime la défendre quand je franchis les frontières. Fauré est certainement le compositeur qui est le plus proche de moi."

 

Sans la musique, j'aurais espéré faire Sciences Po, ou l'ENA et j'aurais peut-être fait de la politique... 

En réalité, j'aime la terre, la réalité des choses, les fleurs, le vent, les choses simples.

Agence de communication Peach